J’ai ce froid au monde que tu as dépeuplé,
Sans plus le goût de rien que le dégoût de tout,
Car toi tu fus ronde et moi bien trop carré,
Pour que le petit chien apaise le matou.
Je veux crier ma vie dans nos petites morts,
Encore t’adorer même quand tu te hais,
Récolter le mépris de cet amour qui mord,
Pour un grain de beauté follement trouvé laid.
Et pourtant aujourd’hui c’est hier et demain,
Y’a que le temps qui fuit dans l’avenir bouché,
Y’a que l’air arrêté de la chanson lancée.
Sans plus la liberté d’échapper à ta loi,
Je ne suis que rebut de tes morceaux de choix,
Je n’en suis qu’au début de l’éternelle fin.
©RT2012